Histoire

« La céba dès Lézignan es douça coumo lou pan », telle est la devise énoncée par les Lézignanais, (« La Cèbe de Lézignan est douce comme le pain »)!

Probablement importée de Perse lors des croisades, la Cèbe est cultivée depuis plusieurs siècles à Lézignan. Au XVIème siècle, l’agronome Olivier de Serres vantait déjà ses mérites et notamment sa douceur, son calibre, sa forme plate et sa couleur. Sa renommée est telle que le village est baptisé Lézignan-La-Cèbe en 1600.

 

 

Quand la Cèbe est-elle arrivée ?

Les traces écrites les plus anciennes évoquant la Cèbe à Lézignan ont été trouvées dans un acte notarié du début du XVIIème siècle, ou la demoiselle Claire Daimar loue son jardin, en échange d’une partie de la récolte de Cèbes. Les jardins étaient, à cette époque, très nombreux et entouraient le village.

Extrait de l’acte notarié de Maître Antoine Pons, Notaire royal à Lézignan la Cèbe (1661 –1671), Archives départementales de l’Hérault.

Le « rantier » peut faire « chasque année, pendant le temps du dit arrangement, trente-quatre rayes d’oignons ». Il peut utiliser le fumier dont il a besoin, mais, en contrepartie, il doit « luy préparer sa sébière et la mettre en estat de pouvoir planter le planson (plant d’oignon) que ladite Demoiselle fournira » (fragment ci- dessous) et « faire valloir siz rayes d’oignons au profit de ladite Demoiselle ».

L’eau et la Cèbe …

L’eau nécessaire à la culture de la Cèbe provenait alors des nombreux puits de Lézignan. C’est au XVIIème siècle que les premières norias firent leur apparition. Petits appareils, mais fabuleuse avancée, ils soulagèrent bien des peines en élevant le niveau d’eau des puits. Les parcelles de Cèbes, appelées cébières, furent ainsi, peu à peu, agrandies et les pépinières de plants d’oignons furent même cultivées entre les vignes !

Norias

La Cèbe dans la vie des lezignanais

Revenu complémentaire pour de nombreux Lézignanais, c’était essentiellement les femmes qui s’occupaient de la Cèbe, du semis à l’empaquetage. Les bottes étaient minutieusement tressées avec du jonc
ramassé le long des cours d’eau voisins. Chaque paquet comprenait une grosse Cèbe, deux moyennes et un « sifflet » (tout petit oignon). Les forgerons du village avaient créé deux outils spécifiques: la « plantadouïres » et le « sarcloidou », qui servaient respectivement à repiquer les plants et à gratter la terre autour des bulbes. Depuis, les techniques de culture ont évoluées pour devenir celles d’aujourd’hui.

Lezignanaise en train de tresser les bottes de Cèbes
Outils traditionnels : sarcloidou en bas et deux types de plantadoïres au dessus